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Octobre 1945 : la reconstruction politique et militaire en Maine-et-Loire

Extraits du Courrier de l'Ouest

Dans le cadre du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Archives départementales proposent un article mensuel, d’avril à décembre, sur les événements marquants de l’année 1945 et les efforts de reconstruction politique, économique, sociale et matérielle en Maine-et-Loire.

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1er octobre 1945 : l’installation de l’École d’application du génie à Angers

Le génie militaire est l’art de construire et d’entretenir les ouvrages nécessaires aux opérations militaires : fortifications, tranchées, ponts, routes ou réseaux de communication. 

Après la Seconde Guerre mondiale, l’arme du génie doit réorganiser la formation de ses officiers issus de parcours variés : anciens membres des Forces françaises libres, cadres de la Résistance, anciens prisonniers de guerre, jeunes polytechniciens. Pour cela, une nouvelle école est ouverte à Angers le 1er octobre 1945, rue Éblé, dans les anciens bâtiments du 6e régiment du génie. 

Le choix d’Angers s’explique par la présence de nombreux cours d’eau, la proximité d’autres écoles militaires (Saint-Cyr Coëtquidan, Saumur, Tours, Auvours) et les rapports possibles avec l’université et l’École nationale d’arts et métiers. L’école a pour missions de former les officiers et sous-officiers du génie et de mener des études techniques sur l’emploi et la mise en œuvre des ouvrages militaires.

En 1995, elle devient l’École supérieure et d’application du génie. Le musée du Génie, créé en 1968 au sein de l’école, retrace l’histoire de cette composante de l’Armée de terre.

21 octobre 1945 : les élections de l’Assemblée constituante en Maine-et-Loire

De nouvelles élections législatives

Le 21 octobre 1945, les Français sont appelés aux urnes pour un double scrutin :

  • Un référendum décidant du sort des institutions de la Troisième République : rédaction d’une nouvelle constitution, organisation des pouvoirs provisoires de l’Assemblée ;
  • L’élection d’une nouvelle assemblée, selon un mode de scrutin proportionnel par département. Les précédentes élections législatives avaient eu lieu en 1936. 

Ce scrutin marque la première participation des femmes à une élection législative. Dans le département, le nombre d’inscrits passe ainsi de 139 000 en 1936 à 312 000 en 1945. 

Les forces politiques en présence

Le Maine-et-Loire dispose de six sièges de députés pour lesquels six listes s’affrontent :

  • Le Parti communiste français(PCF) : conduit par Georges Morand, seul résistant de la liste, avec Denise Gentric (25 ans), plus jeune candidate du département. Le parti s’oppose aux mesures limitant les pouvoirs de l’Assemblée et fait campagne dans Le Ralliement.
  • La Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) : menée par Auguste Allonneau, maire d’Angers, conseiller général et président local de la Ligue des droits de l’homme. La liste compte aussi Germaine Canonne, première femme élue à la ville d'Angers et au département de Maine-et-Loire.
  • Le Parti républicain, radical et radical-socialiste (PRRRS) : dirigé par Jean Hérard. Très influent pendant la Troisième République, c’est le seul parti opposé à une nouvelle constitution.
  • Le Mouvement républicain populaire (MRP) : créé en octobre 1944 par Charles Barangé et Jean Sauvage, la section locale du parti démocrate-chrétien attire une base sociale variée et regroupe de nombreux résistants. Il mène une campagne de grande ampleur, dont le point d’orgue est un meeting à Angers, le 15 octobre 1945, réunissant 2 000 personnes, qui bénéficie d’une large couverture dans Ouest-France et Le Courrier de l’Ouest.
  • L’Entente républicaine : menée par Bernard Huet, elle unit la droite modérée (Union des démocrates pour la République, Fédération républicaine, Alliance démocratique).
  • L’Union gaulliste-France combattante et Résistance (UDSR), conduit par Étienne de Raulin, ancien chef de la Résistance dans le Maine-et-Loire. Cette liste n’est pas soutenue officiellement par le général de Gaulle, comme pourrait le laisser croire son nom.

La campagne est marquée par les débats sur l’enseignement privé, sujet de préoccupation majeure dans le département.

La recomposition du paysage politique local

Les résultats du référendum sont plus favorables qu’à l’échelle nationale : 97,1 % pour l’élaboration d’une nouvelle constitution (contre 96 % dans le reste de la France), 82,2 % pour la réorganisation des pouvoirs de l’Assemblée (contre 66 % à l’échelle du pays). 

Les six députés de Maine-et-Loire sont :

  • Charles Barangé, Joseph Le Sciellour et Joseph Barbary (MRP) ;
  • Auguste Allonneau (SFIO) ; 
  • Bernard Huet (Entente républicaine) ; 
  • Étienne de Raulin (UDSR). 

Cette élection marque un profond renouvellement politique local. Le MRP devient la principale force politique du Maine-et-Loire, bénéficiant du ralliement d’une partie de l’électorat catholique et conservateur, séduit par son discours social et empreint des valeurs chrétiennes. La gauche progresse fortement : elle atteint 30 % des suffrages contre 7 % en 1936. Elle reste néanmoins plus faible qu’au niveau national : le PCF termine en tête des élections en France, mais n’a pas de députés dans le département.

Malgré l’entrée des femmes dans la vie politique, aucune n’est élue dans le département. La première députée de Maine-et-Loire, Ginette Leroux, ne le sera qu’en 1986. 

Ces événements d’octobre 1945 illustrent la reconstruction à l’œuvre dans le Maine-et-Loire : militaire, avec la modernisation de la formation des officiers du génie à Angers, et politique, avec l’élection d’une Assemblée constituante qui a recomposé le paysage local et ouvert la voie à la Quatrième République, qui verra le jour le 27 octobre 1946.

Pour aller plus loin :

  • Histoire de l’École du génie, École d’application du génie, Angers, fin XXe siècle. Archives départementales de Maine-et-Loire, BIB 12880
  • Lefort Cédric, Référendums et élections législatives au scrutin universel dans le Maine-et-Loire : 1945-1946, mémoire de maîtrise en histoire, université d’Angers, 2004. Archives départementales de Maine-et-Loire, BIB 12090-1

Thibault Wacrenier, archiviste webmestre

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